Du 17 au 28 août 2026, Oulan-Bator, capitale de la Mongolie, a accueilli la 17ᵉ session de la Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (COP17 CNULCD). Placée sous le thème « Restaurer la terre. Restaurer l’espoir », cette conférence a réuni les représentants des Parties à la Convention, aux côtés de scientifiques, de décideurs, d’organisations internationales et d’acteurs de terrain, pour accélérer les actions en faveur de la restauration des terres et de la résilience face à la sécheresse.
Cette édition s’est inscrite dans un contexte particulier : elle ouvre le cycle 2026 des trois COP des conventions de Rio, et coïncide avec l’Année internationale des parcours et des pasteurs ainsi qu’avec l’Année internationale des agricultrices, deux désignations des Nations Unies qui ont mis en lumière, tout au long des travaux, le rôle des terres et des populations qui en dépendent.
Pour la DyTAES, la COP17 a constitué une nouvelle étape dans la reconnaissance internationale de l’agroécologie comme réponse structurante à la désertification et à la dégradation des terres.
Le Sénégal plaide pour un financement accru de l’agroécologie
Le 26 août, lors de la session plénière consacrée à la journée de la terre et des peuples, le ministre de l’Environnement du Sénégal a pris la parole aux côtés d’autres ministres pour plaider en faveur d’un meilleur soutien financier à l’agroécologie, présentée comme une stratégie à part entière de restauration des terres.

Cette prise de position s’inscrit dans la continuité du processus national engagé par le Sénégal à travers la Stratégie nationale de transition agroécologique du Sénégal (SNTAES), co-portée par les ministères en charge de l’agriculture et de l’environnement. Elle vient conforter, sur la scène internationale, une dynamique que la DyTAES accompagne depuis plusieurs années aux côtés des pouvoirs publics sénégalais.
Une décision spécifique sur la santé des sols agricoles
Le 27 août s’est tenue une journée thématique dédiée aux systèmes alimentaires et à la santé des sols, co-organisée par la CNULCD et l’Agroecology Coalition, dont la DyTAES est membre. Ces échanges ont débouché sur l’adoption, par les Parties, d’une décision spécifique consacrée à la préservation des sols agricoles, des prairies et des parcours.
Cette décision fait écho aux travaux menés en parallèle sur le pastoralisme durable, largement mis en avant tout au long de la COP17 dans le cadre de l’Année internationale des parcours et des pasteurs : gestion intégrée des paysages, sécurisation des droits fonciers collectifs et mobiles, adaptation climatique et conservation de la biodiversité dans les zones arides ont figuré parmi les sujets phares des discussions.
La DyTAES et ses membres mobilisés à Oulan-Bator
Plusieurs membres de la DyTAES ont pris part à la COP17 : AVSF, Cicodev Africa, Cirad, Enda Pronat, IED Afrique, IPAR, IRD et l’ISRA. Cette présence collective illustre la diversité des organisations — recherche, société civile, think tanks, coopération internationale — engagées dans la dynamique sénégalaise de transition agroécologique.



Le secrétariat de la DyTAES a eu l’opportunité de présenter l’expérience de la dynamique lors de deux panels organisés en marge des négociations, portant deux messages clés :
- Le rôle essentiel des coalitions multi-acteurs — à l’image de la DyTAES au niveau national et des DyTAEL à l’échelle territoriale — pour faire progresser l’agenda de l’agroécologie à différentes échelles ;
- La pertinence de l’agroécologie comme réponse à la désertification, contribuant à la fois aux objectifs des trois conventions de Rio (désertification, biodiversité, climat) et à l’approche One Health, qui relie santé des sols, des écosystèmes, des animaux et des populations.


Une reconnaissance internationale qui se confirme
L’agroécologie avait fait son entrée à l’agenda de la COP désertification en 2024, lors de la COP16 de Riyad. Deux ans plus tard, à Oulan-Bator, elle confirme sa place croissante comme levier stratégique de lutte contre la désertification à l’échelle internationale, portée par un nombre grandissant de Parties et d’organisations.
Pour la DyTAES, cette dynamique conforte la pertinence de l’approche portée depuis plusieurs années au Sénégal : celle d’une transition agroécologique pensée comme réponse conjointe aux enjeux de dégradation des terres, de préservation de la biodiversité, de sécurité alimentaire et d’adaptation au changement climatique. La dynamique est fière d’avoir pu apporter sa modeste contribution aux échanges d’Oulan-Bator, aux côtés de ses membres et partenaires, et continuera de porter cette voix dans les prochains rendez-vous internationaux consacrés à des thématiques connexes à l’agroécologie.


